Exposition en cours

SIMON RIPOLL HURIER

 DIANA [18.04.2015]

Jusqu’au 30.05.15 à la MAM Galerie. 

Affiche Diana SRH

Le projet Diana est un dispositif filmique expérimental et évolutif, élaboré avec la collaboration de l’association des radioamateurs de Paris.

Dans le parc de la Villette, dissimulé derrière une petite rangée d’arbres, se trouve un vieux radiotélescope abandonné. Il semblerait qu’autour de 1984, à la naissance du parc de la Villette, l’observatoire de Nançay ait réalisé un double de ses radiotélescopes, pour l’installer là. Mais le radiotélescope n’a jamais été mis en marche. À la fin des années 2000, enfin, un radioamateur l’aperçoit. Il s’appelle F6GOX, et décide de monter un projet pour utiliser la parabole. Les radioamateurs sont des passionnés d’ondes radioélectriques, et occupent tout leur temps libre à bricoler des émetteurs-récepteurs pour rentrer en communication avec d’autres radioamateurs à travers le monde, selon des procédures extrêmement règlementées, et surtout sans jamais se servir des infrastructures de télécommunications existantes. F6GOX et l’ARP commencent donc à travailler sur l’antenne. Sans aucun plan ni aucun manuel, ils remontent pas à pas le fil de la structure de la machine et remettent en fonction les moteurs. Malheureusement, une série de complications ralentit, puis gèle le projet autour de 2012. Un long temps passe, et F6GOX disparait. Le nouveau président, F6FVY, reprend contact Simon Ripoll Hurier en août 2013, alors que la Villette veut stopper la convention qui lie l’association au parc, faute d’activation publique du site.

Simon Ripoll Hurier et l’association des radioamateurs de Paris décident de monter un projet commun, le « projet Diana »  (du nom du programme militaire américain à l’origine des communications lunaires). F6FVY estime à deux ans la durée des travaux pour rendre l’antenne opérationnelle. L’artiste se glisse alors dans la temporalité de ce chantier pour proposer deux années d’activités autour de cette antenne.

Depuis octobre dernier, des expérimentations filmées sont menées sur le site et ses alentours. L’antenne est mise en marche, des enfants explorent les bois qui l’entourent, d’autres commentent des images de la Lune, un groupe d’étudiant en art rôde aux abords d’une tour de télévision, un concert de noise a lieu dans le local sous l’antenne, et les membres du radioclub de Paris présentent leur activité.

L’objectif de ce projet est de réparer le radiotélescope afin d’envoyer une pièce sonore rebondir sur la surface de la Lune, grâce à une technique particulière nommée E.M.E (Earth, Moon, Earth).  Le  trafic E.M.E est un des plus grands défis des radioamateurs, et la parabole de la Villette est l’outil idéal pour tenter cette expérience !

Vous pouvez retrouvez en cliquant ici, le travail de Simon Ripoll Hurier.

Expositions passées

Pierre Besson

 « à très peu de distance, à peine reculé « 

du 28 février au 2015 au 5 avril 2015
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Vernissage le 28 février 2015 à partir de 19h
Performance de Raphaël Ilias – Transfer_Function
Cette exposition bénéficie du soutien de la Maison de l’Architecture de Haute Normandie

François Trocquet

« En perspective »

du 10 janvier au 20 février 2015

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Il arrive à de très rares occasions de pénétrer dans un lieu, pourtant inconnu, qui nous paraisse d’une familiarité particulière.

Ma rencontre avec l’univers de François Trocquet fut l’une de ces rares fois.

Au milieu de ses œuvres, submergé par elles, je me trouvais physiquement happé par son travail, et tous les murs, le mobilier, enfin tous les supports sur lesquels elles reposaient se serraient tout autour de moi, devenant comme une continuité de mon propre corps.

Les sujets, presque ordinaires, m’ont rendu l’œuvre familière et, propices à l’appropriation, réinventaient et créaient mes souvenirs. Des souvenirs que l’on pense avoir, ceux dont on est certain, ceux que l’artiste a créé pour nous, tous, comme un écho entre les tempes, les ondulations d’une pierre qu’on jette dans l’eau, la balle contre le mur.. Tous, tous se heurtent, se heurtent et jamais ne cèdent.

Ses œuvres résonnent, tous leurs traits, tout leur réseau d’encre, glissent les unes vers les autres, s’auto-référencent, vont glaner chez leur voisine, et tissent entre elles un lien solide qui, quand on s’y retrouve pris, nous fait vibrer comme la proie au centre de la toile d’une araignée. Tout y est densité : quantitative premièrement, physique rapidement, émotionnelle ensuite.

Ses personnages, souvent sur les routes, semblent tous tendre vers quelque chose. Aucun ne semble rentrer, tous partent, en quête peut-être. L’artiste lui tend vers la collection, va vers l’archivage, de toutes ses images que l’on a au fond de notre boîte crânienne, mais dont on ne sait jamais vraiment l’origine : cinématographiques parfois, littéraires encore, rêveries sans doute.

Souvent horizontaux, ses formats sont comme la pellicule d’un film qui aurait été coupée pour n’en extraire qu’une image : des édifices, des lieux, des structures.. Et pourtant parfois, livrés verticalement, les paysages se dressent, s’imposent, et marquent une pause, un arrêt, dans le long road trip visuel qui défilait peu avant sous notre regard.

François Trocquet est un artisan du souvenir, un collectionneur d’images, et un archiviste de la fugacité des moments.

Maxime Maillard.