Ouverte en 2009 dans le quartier des antiquaires de Rouen, MAM Galerie soutient à la fois des artistes emergents et confirmés, dans la galerie et sur des foires en France et à l'étranger. Une programmation hors les murs mène des projets ambitieux dans des lieux choisis spécifiquement pour permettre leur concrétisation. Artistes : Pauline Bastard, Pierre Besson, Florim Hasani, Joel Hubaut, Emmanuel Lagarrigue, Guillaume Pinard, Simon Ripoll-Hurier, Erwan Venn, Jean-Michel Sanejouand, François Trocquet. Projets avec : Bertran Berrenger, Bernard Calet, Aurian Guérard des Lauriers, Marc Hamandjian, Le Collectif Dop, Guy Lemonnier, Claire Maugeais.
- Ce samedi 25 mai à la galerie ERWAN VENN FAITH Vernissage à partir de 18h
Your Silent Face
Julie Crenn
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A thought that never changes
Remains a stupid lie
It’s always been just the same
No hearing, nor breathing
No movement, no calling
Just silence.
New Order – Your Silent Face [Power, Corruption & Lies – 1983).

En fouillant dans les souvenirs de son enfance, Erwan Venn retrouve des jouets, des disques, des motifs de papiers-peints et un autoportrait griffonné sur une feuille de cahier, où il s’exprime via une bulle de bande dessinée : « Je suis con et je m’appelle Erwan ». L’ensemble de sa pratique artistique repose sur une exploration mémorielle et sensible. Pour cela il questionne son éducation, ses fondations, ses références, tous les ingrédients d’une construction personnelle, intime. Avant de se présenter comme un artiste, il se dit dyslexique et asthmatique. Deux handicaps qui l’ont obligé à grandir dans une marge. Une périphérie familiale et sociale qu’il alimente progressivement de références alternatives : le (post)punk, la new wave, le rock, la techno et l’art. Au mainstream, il choisi les voies sinueuses de l’underground grâce auxquelles il s’affranchit d’un carcan familial où religion, traditions et secrets font loi. Rapidement, il s’inscrit dans un héritage artistique contestataire où autodérision, détournement, citations, ironie, critique, subversion dialoguent à travers des objets et des images prélevés de différents registres de lecture : le high & low se confondent. Il développe plusieurs problématiques autobiographiques en se concentrant sur les objets-souvenirs extraits de son enfance, son propre corps qu’il moule de manière fragmentée, les figures monstrueuses, la notion d’infirmité (ainsi que l’appareillage qui l’accompagne), et plus récemment sur les pages sombres de l’histoire de sa famille.
La série Headless est née d’une volonté de l’artiste d’entreprendre une archéologie familiale pour en décrypter les mécanismes idéologiques, ainsi que leurs inévitables incidences sur sa propre vie. Suite au décès d’une tante, il récupère une boite de négatifs, il les rassemble et les laisse de côté. Plus tard, il découvre un document daté de 1940 où il apprend que son grand-père a collaboré avec l’Allemagne nazie en vendant du vin aux soldats allemands installés en Bretagne. Un document à la fois terrifiant et déclencheur d’une recherche plus approfondie. Erwan Venn revient vers les négatifs photographiques, il les scrute avec attention, décode les indices (lieux, identités, évènements) et retrace ainsi le parcours de son grand-père. Ce dernier est éduqué selon les préceptes d’une morale pieuse, rigide et contre révolutionnaire. Jeune, il se tourne vers la religion en intégrant le petit séminaire. Un passage dont il subsiste quelques images en noir et blanc. Des photographies de groupes où les jeunes séminaristes posent stoïquement, bras croisés et derrière le dos, ou de manière plus candide, assis et allongés dans l’herbe. Des photographies qu’Erwan Venn modifie numériquement en prélevant les têtes de chacun des figurants. Sans tête, sans visage, ils perdent toute forme d’identité et d’individualité. Ils ne sont plus que des costumes, des corps flottants, fantomatiques. Sans têtes, ces hommes, alors considérés comme les « soldats de
dieux », se résument à leur mission idéologique. L’artiste met en lumière les rapports étroits entre le clergé et le politique, mais aussi les rouages d’une propagande rampante.
Les photographies en noir et blanc accompagnent le développement de l’idéologie fasciste au sein de la vie d’une famille, d’un village et de ses habitants. Elles traduisent une période précise d’une histoire nationale chancelante en figurant les activités d’hommes et de femmes, d’enfants, de familles qui en 1940 ont soit fait le choix de la collaboration, soit celui de la résistance. En ce concentrant sur le parcours de son grand-père et en gommant les têtes de ses camarades, de ses proches et de ses relations, Erwan Venn décapite les acteurs d’un système qu’il exècre. Ses tableaux-photographiques fixent les ombres d’une gangrène et d’un trauma qui n’épargnent pas les générations suivantes. En examinant le contexte historique et politico-religieux dans lequel s’est formé non seulement son grand-père mais aussi toute une population nourrie d’idéologies extrêmes, l’artiste souhaite remettre à plat une histoire familiale tramée structurée par des non-dits et des mensonges qui se transmettent comme un héritage empoisonné. Une boite de pandore qu’il a ouvert, retouché et partagé publiquement pour comprendre et obtenir une libération, un apaisement. « Mon souci est de «Faire image». C’est-à-dire de trouver ce petit sentiment d’extase que l’on éprouve quand nous retrouvons des souvenirs enfouis au sein de notre mémoire. » (E.V, 2008). Parallèlement, il pointe du doigt la prégnance de cette idéologie profondément ancrée dans les strates du contexte sociopolitique actuel. Une pensée moraliste basée sur une conception galvaudée de la nature humaine qui continue à dresser des barrières entre les individus en excluant toute forme de différence. En ce sens, l’artiste se démarque d’un héritage familial auquel il a refusé de se conformer et revendique son appartenance aux subcultures, aux marges. Dans cet espace alternatif, il questionne, détourne et bouscule les méandres d’une histoire à la fois personnelle et collective.
Pauline Bastard
- Ma prochaine vie, The Impermanent Collection, Los Angeles, du 26 février au 30 mai -
- Réinventons le monde, Sala Rekalde, Bilbao, du 21 février au 5 mai - A&B studios, 18th street art center, Santa Monica, du 23 février au 29 mars
- No breakfast for Tiffany, Galerie Barbara Seiler, Zurich, du 20 avril au 30 mai -
- Résidence BAR project, Barcelone, mars / mai
Bernard Calet
Wintrereise galerie Art et Essai de l'Université de Rennes : www.sites.univ-rennes2.fr/webtv/appel_film.php?lienFilm=713
Joël Hubaut
Signature du livre de Joël Hubaut "Sophisme" le 2 mars chez Igda, 16 rue des croisiers, Caen. Le nouveau livre de Joël Hubaut est édité par le Frac Franche-Comté et diffusé par les Presses du réel.
10 ANS DE MAUVAISE REPUTATION > 1er mars - 30 mars 2013 Une exposition de sérigraphies originales conçues spécialement pour cet évènement.
Une Coédition : Espace A VENDRE, Nice & LA MAUVAISE REPUTATION, Bordeaux Illustration © Jacques Villéglé
Mauvaise Réputation > Librairie / Galerie > 19 rue des Argentiers - 33000 BORDEAUX
Espace A VENDRE, Nice - Art Contemporain > 2 rueVernier 06000 Nice
Emmanuel Lagarrigue
Vernissage vendredi 24 mai 2013 à partir de 18h - Opening reception Friday May 24th, 2013, from 6pm
Performance : Dominique Uber
24 mai - 19h / May 24 - 7pm
Entrée libre - Free
Vitrine de la Maison du Peuple
face au 43 rue Klock - Clichy-la-Garenne, France
jusqu'au - until 14 07 2013
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C'est à un jeu à multiples dimensions que nous convie Emmanuel Lagarrigue à la Maison du Peuple de Clichy-la-Garenne, avec une exposition pensée spécifiquement pour le lieu qui se développera sur de nombreux niveaux.
Au départ il y a une grande installation occupant tout l'espace de la vitrine (300 mètres carrés). Une installation réalisée avec un unique élément de base, multiplié, un élément de construction simple (un cadre en bois de 120 x 240 centimètres, format standard de la construction). Référence explicite à Jean Prouvé qui développa dans ce bâtiment nombre de ses principales innovations, cet élément permet à l'artiste de moduler l'espace selon des propriétés spécifiques à chaque zone, jouant tant de l'instabilité de la construction que de l'indécidabilité de l'installation (en construction ? à l'abandon ? en démolition ?).
Dans l'espace sont disposés 17 projecteurs lumineux. Leur allumage révèle par parties l'espace intérieur à travers la vitrine-miroir (l'exposition n'est visible que depuis la rue, à travers la vitrine). Ils s'allument et s'éteignent par groupes de 1 à 17 projecteurs, selon une partition formée par quelques jours du journal intime de Benjamin Constant (à un moment de sa vie, Benjamin Constant retranscrivait ses journées par un code attribuant à son état intérieur ou ses activités un chiffre de 1 à 17 (1 = jouissance physique, 2 = désir de rompre, etc)).
Le jour du vernissage aura lieu une performance au cours de laquelle Emmanuel Lagarrigue réalisera avec la danseuse et actrice Dominique Uber une lecture musicale performée, mise en écho de deux figures singulières de l'abandon. Il diffusera en direct dans différentes zones de l'espace des montages sonores et des séquences de textes lus (Beckett et Cocteau). Physiquement présente dans l'espace, Dominique Uber y sera une actrice littéralement "jouée" par les éléments de ce théâtre.
Après le vernissage, tous les éléments enregistrés (lumières, musiques, voix, sons, avec leur localisation particulière) seront rediffusés en boucle dans ce qui deviendra un théâtre automatique, présentant les traces sans cesse renouvelées d'un événement disparu.
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Simon Ripoll-Hurier
DREAMLAND « Outil de navigation à travers un ensemble d'images et de sons, cette édition nébuleuse combine des vues de sites géographiques (embués par une nuit américaine) et des extraits musicaux (dont ne filtrent que les basses) portant tous le nom Dreamland. » (if-le fric) - Danses de précision avec Joffrey Becker D/Ecrire le contemporain #3 (Edition de l'ESADHaR)
Jean-Michel Sanejouand
L'Arbre de vie - Exposition collective du 15 février au 28 juillet 2013 Collège des Bernardins (nef, ancienne sacristie, douves, jardin), Paris